jeudi 1 mars 2012

Présidentielle 2012 - Audits, réformes institutionnelles, bonne gouvernance,…: Sall promet du propre

(Le Quotidien (Sn) 01/03/2012)

Le candidat de la coalition Macky2012 a décliné les grands axes de son programme, mais surtout une opération de charme en direction des électeurs et des candidats perdants. Des réformes institutionnelles, des audits, la bonne gouvernance, le débat télévisé avec son concurrent, Abdoulaye Wade…EDUCATION
«J’appelle dores et déjà le corps enseignant en grève à sauver l’année scolaire. Une fois élu, je m’engage à ouvrir sans délai des négociations sincères et inclusives avec tous les acteurs de l’Ecole. Je m’engage également à mettre en œuvre, dès les premiers jours de mon mandat, des mesures immédiates de réduction du coût des denrées de première nécessité comme l’huile, le riz et le sucre.»
MANDAT DE 5 ANS RENOUVELABLE UNE FOIS
«Je proposerai une réforme constitutionnelle visant entre autres à ramener la durée du mandat du président de la République à 5 ans renouvelable une seule fois. Et là, je voudrais dire que je m’appliquerai cette réforme. C’est-à-dire si je suis élu pour 7 ans je m’engage à n’exercer qu’un mandat de 5 ans et cette réforme qui limitera le nombre de mandats à deux et la durée à 5 ans ne pourrait plus faire l’objet de modification.»
7 JUGES CONSTITUTIONNELS AU LIEU DE 5
«Je m’engage, par ailleurs, à modifier le mode de désignation du Conseil constitutionnel. De 5 membres, ils devraient passer à 7. Le président de la République ne pourrait proposer que 3 sur les 7, l’Assemblée nationale, à travers le groupe de la majorité 1, le groupe de l’opposition 1 et les 2 autres seraient désignés par les magistrats eux-mêmes selon des modalités définies.»
VICE-PRESIDENCE
«Le poste de vice-président, je le supprimerai parce qu’il est anachronique. Dans un régime où vous avez un Premier ministre qui est chef du gouvernement, le Vice président n’a pas de place. C’est un schéma qui a été mis dans le cadre de combinaisons politiciennes, justement dans l’hypothèse d’une succession de type dynastique ou, en tout cas, de combinaisons politiciennes qui avaient pour finalité justement de mettre quelqu’un à la tête du pays. (…)»
APPEL A LA MOBILISATION
«Par ailleurs j’invite tous les candidats de l’opposition, mais également Youssou Ndour, Bara Tall et toutes les forces vives de la Nation, le M23, le mouvement Y’en à marre en particulier dont je salue l’esprit civique et la contribution décisive à la mobilisation de la jeunesse sénégalaise. Je les invite tous à parachever ensemble probablement le 18 mars prochain ou le 25 mars le combat commun contre la candidature inconstitutionnelle qui est derrière nous mais le combat qui doit être gagné pour la mémoire des victimes que nous avons enregistrées.»
INCIDENTS DANS SON ENTOURAGE
«De toutes les façons je peux vous donnez la garantie, si je suis élu le désordre qu’il y a aujourd’hui au sommet de l’Etat ne se fera pas. Je vous donne ma parole là-dessus. J’invite les uns et les autres à comprendre les enjeux, à se surpasser et faire preuve de dépassement parfois même quand ils sont provoqués. En tout cas, je le regrette et ce sont des incidents qu’il faut aussi remettre dans leur contexte, ne pas les amplifier outre mesure.»
FELICTATION A WADE
«Je suis convaincu aujourd’hui que le désir de changement sénégalais me doit la victoire au second tour. Je pense plutôt que c’est le Président Wade qui m’appellera à l’image du Président Diouf pour me féliciter et ce sera en son honneur.»
SA SECURITE
«Depuis la création de l’Apr (Alliance pour la République), j’ai été confronté à ce problème de sécurité face aux tenants du pouvoir qui ont absolument voulu parfois attenter à ma personne. Je considère d’abord, de par les fonctions que j’ai eu à assumer, que je devrais avoir droit à une sécurité de l’Etat. Je suis un ancien Premier ministre, et ancien Président de l’Assemblée nationale. D’ailleurs, je compte saisir demain (aujourd’hui) le ministre de l’Intérieur pour qu’il mette à ma disposition des éléments du Gign et de la Bip pour assurer ma sécurité. (…)»
ETHNICISME
«C’est vraiment dommage ! Je pense que le président de la Ré­pu­bli­que devrait être un bon perdant parce que s’il dit vraiment que j’ai tenu des propos ethnicistes il devrait le prouver. A ce niveau du débat, on ne peut pas jeter comme ça par respect aux Sénégalais n’importe quoi. Je me dois de parler ma langue maternelle, le pulaar, comme je parle wolof et sérère. C’est pourquoi je dis il faut qu’il arrête parce qu’à force d’insister, c’est lui qui stigmatise une ethnie. Pour­quoi diable ! Je ne dois pas parler Pulaar ma langue maternelle. Il faut qu’on arrête ce débat qui est un faux débat. En 2007, j’étais son directeur de campagne, c’est lui qui me donnait le micro de Dagana à Matam, j’ai fait la campagne pour lui. A mes parents de Matam je leur ai dit que : «Je vous ai demandé de soutenir quelqu’un parce que j’étais son directeur de campagne, et vous l’avez élu. Main­tenant, je viens en mon nom personnel et pour mon compte personnel, je vous demande de me soutenir.» Je suis un élu à Fatick, qui m’a donné le plus grand score, plus qu’à Matam. Moi je suis de culture sérère, je suis né chez les sérères et j’ai une épouse sérère, donc mes enfants sont au moins à 50% sérère. (…) Et puis, ce n’est pas moi qui suis allé stigmatiser des chrétiens dans leur église ou créer la confusion entre les confréries au Sénégal.»
RELATIONS AVEC LES MARABOUTS
«Les marabouts sont des citoyens, ils sont soumis à la loi comme tout le monde. Dans le domaine religieux privé, le marabout peut être l’autorité du Président ou son guide spirituel. Mais dans la vie publique, il ne peut pas l’être parce que le marabout est un citoyen comme les autres. Donc, les choses doivent être claires (…) Je le dis clairement : Nous sommes dans une République démocratique et laïque, où la liberté de culte sera garantie pour toutes les religions, toutes les confréries.»
STRATEGIE DU SECOND TOUR
«Je suis en train de voir avec l’équipe de campagne quel format nous allons adopter. Mais je crois qu’il va changer légèrement puisque d’abord, nous avons 15 jours et non trois semaines, ensuite nous avons des résultats du premier tour qui nous permettrons d’ajuster notre stratégie. Je ne veux pas la dévoiler parce qu’ils vont essayer de savoir ce que j’essaie de faire pour s’y adapter. Parce qu’il y avait un marquage à la culotte, partout où j’étais, le lendemain ils se sont organisés pour qu’on se croise.»
FINANCEMENTS ETRANGERS
«Je vous dis qu’il n’y a aucun financement étranger d’aucun pays, d’aucun chef d’Etat. En France, on ne peut pas trouver un franc de financement de campagne, vous le savez très bien. Au moment ou on parle justement d’exigence de transparence et de démocratie, quelle est la société ou un gouvernement qui peut sortir de l’argent comme ce fut le cas il y a 20 ans, 30 ans ? Ce n’est pas possible ! Ensuite, je ne suis pas le candidat de la France ni des Etats-Unis ; je suis le candidat des Sénégalais. Ça fait trois ans et demi que j’ai compris que le pouvoir appartient au peuple sénégalais, que je travaille dans les hameaux les plus reculés pour obtenir leur confiance. C’est ça qui m’a amené là où je suis, j’ai une contribution de nos compatriotes, ce sont des Sénégalais, des opérateurs, des immigrés, des militants…»
BILAN PARTAGE AVEC WADE
«Il y a des choses que nous avons partagées, je ne vais pas le nier, ça n’a même pas de sens. Mais nous avons une divergence fondamentale : d’abord, le comportement de l’Etat. J’aurais aimé une gouvernance sobre, vertueuse et efficace, ça va être la différence fondamentale. L’argent pu­blic, j’ai une autre conception pour son utilisation et je le mettrais dans des choses utiles et fondamentales dans le développement économique. Je ne suis pas contre les monuments mais je considère simplement qu’il y a d’autres priorités plus urgentes, mettre l’argent là où on aurait plus de justice sociale, plus d’équité, et là ou il faut assurer les bases d’une croyance réelle et d’un développement. (…) Donc, avec moi il y aura une rupture dans l’approche, beaucoup de considération pour les populations et pour leurs préoccupations.»
GOUVERNEMENT DE 25 MINISTRES
«La patrie importe plus que le parti, ceci va être valable parce que je me suis déjà engagé pour un gouvernement qui ne dépasse pas 25 membres. Quelles que soient les combinaisons que nous ferons, l’objectif c’est de donner un signal fort aux populations et aux partenaires. Mais la gestion des affaires ne se limite pas seulement aux gouvernements. Nous allons travailler pour le Sénégal et d’ailleurs je ne pense pas que les gens seront seulement mus par cette considération. Je ne crois pas qu’avec les leaders en particulier les candidats, la question soit ramenée à une négociation de portefeuilles ou autres. Mais en tout état de cause nous resterons ouverts et nous serons là; avec le Sénégal, avec eux et je n’ai pas de soucis par rapport à l’issue de ces discussions.»
CASAMANCE
«Pour des raisons évidentes, dans le cadre de la recherche de solutions définitives pour une paix en Casa­mance, mon premier voyage sera destiné aux pays amis et frères, la Gambie et la Guinée-Bissau.»
REGIME POLITIQUE
«L’enjeu pour nous, c’est d’avoir des démocrates qui respectent les équilibres et la Constitution. C’est aussi de trouver l’équilibre à l’Assem­blée nationale, au Parlement de façon générale. Si nous avons des forces équilibrées, il va de soit que le Pré­sident ne peut pas se permettre n’importe quoi. Nous n’avons pas de problème de régime encore une fois ; nous avons un problème de démocrates qui respectent la Constitution et un problème d’équilibre des forces à l’Assemblée nationale. Mais nous allons quand même améliorer tout cela en un système politique à travers les mesures que je viens de dire sur la limitation du nombre de mandats et sur la durée du mandat présidentiel de façon à ne pas voir quelqu’un à la tête du pays plus de dix ans. C’est le sens de la réforme que j’ai proposée.»
PRÊT POUR UN FACE-A-FACE AVEC WADE
«Est-ce que je suis prêt pour un face-à-face télévisé ? Bien sûr. Si lui (Wade) est prêt, moi aussi. Je n’ai pas de problème, je suis prêt. S’il veut demain, pas de problème. Mais c’est quand même un père ; vous savez, nous sommes en Afrique, un père, même quand on le terrasse, il faut le faire doucement, sans faire trop de dégâts. Donc, il n’y a pas de problème surtout que j’ai fait son école comme il le dit, donc, je connais bien les recettes.»
AUDITS
«Je ne voudrais pas verser dans la chasse aux sorcières si je suis élu président de la République. De toute façon, je n’ai aucune revanche à prendre sur qui que ce soit. Maintenant, si nous prenons le pouvoir la première des choses à faire, c’est l’état des lieux. L’état des lieux, c’est auditer, analyser les comptes de la Nation (connaître le niveau d’engagement de la Nation, le niveau de la dette, les finances, les avoirs extérieurs du pays), faire également l’audit des grands engagements sur les grands chantiers de l’Etat, sur l’énergie, sur tout cela nous devrons avoir une vision très nette avant de commencer à travailler. Cela me paraît être une mesure salutaire mais qui n’aura pas pour vocation d’accabler particulièrement X ou Y. Maintenant, dans le cadre de ces audits, en fonction des conclusions qui seront trouvées, nous aviserons. Je ne peux pas présager de ce qui peut arriver.»

par Omar Seydou BA

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