mercredi 7 mars 2012

Promesses de campagne: Le prix de la victoire pour Macky Sall

(Walfadjiri 07/03/2012) 
Les promesses du candidat Macky Sall, qui envisage de baisser les prix des produits de base, ne sont pas tombées dans l’oreille d’un sourd. Plusieurs ménages interrogés saluent la mesure jugée salutaire. D’autres semblent plus dubitatifs devant une offre jugée… bon marché.

Macky Sall a touché le point sensible. Acculées par les difficultés quotidiennes, les populations ne cessent de dénoncer le coût élevé de la vie. Il est, en effet, très difficile pour nombre Sénégalais de joindre les deux bouts. Tout est cher à Dakar. Un œil sur le porte-monnaie rabougri, l’autre sur l’étal où le riz, l’huile, le pain, le sucre, la tomate, le savon, le loyer, etc., demeurent intouchables, le seul discours qui vaille devant ce second tour de la présidentielle entamé aujourd’hui, doit porter le refrain de la déflation. Sur ce plan Macky Sall a posé, le premier, les arguments qui font mouche, promettant, dès la campagne pour le premier tour, de s’attaquer à la cherté de la vie pour ainsi alléger ce fardeau aux ménages.
Aujourd’hui, la promesse ne laisse guère indifférent. Près du monument du quartier Grand Yoff, la dame Ndèye Seynabou Sall tient son restaurant parmi les cantines qui jalonnent la route menant à la Patte d’oie. A 17 heures passées, elle a déjà épuisé le bol de riz qui était destiné à la vente. Une belle journée ? Que non. Auparavant, elle remplissait la grande marmite de riz communément appelé ‘mbana’. Aujourd’hui, avec le sac de riz qui s’échange à 25 000 F et le litre d’huile qui coûte 1 200 F, ‘ce n’est plus possible de s’en procurer à volonté’, maugrée Mme Sall. Elle ajoute que si le repas de sa famille, qui dépend d’elle, est tiré de ce qu’elle vend, tout le bénéfice de la journée y passe. Impossible d’un cercle vicieux et la vie reste un éternel recommencement. S’ajoute à cette charge, un loyer qu’elle juge assez cher pour une modeste habitation où l’attend un mari âgé qui ne travaille plus.
Entre Macky Sall et Abdoulaye Wade, le critère de choix est simple : son bulletin ira au ‘président qui sera sensible à la baisse du coût de la vie’. Et Ndèye Seynabou Sall d’ajouter : ‘Si Wade a fait des efforts dans les infrastructures, la vie est trop chère.’ Au marché du même quartier, un homme, la trentaine, tient une feuille à la main devant une alimentation générale. En pleine discussion avec le vendeur, Pape Ndiaye s’approvisionne en denrées. Il suffit de l’interpeller, pour que le discours réprobateur parte au quart de tour : ‘Ceux-là qui nous gouvernent ont fini par vous exterminer. Imaginez que le riz parfumé est non seulement inaccessible mais introuvable. Le riz poussiéreux, actuellement disponible sur le marché, est inconsommable’.
A l’unité 22 des Parcelles assainies, des hommes, la cinquantaine la plupart, jouent aux cartes. Quand on introduit le sujet partie de belotte se retrouve suspendue. L’un d’entre eux lance : ‘Macky a fait deux annonces nous intéressent : le redressement du secteur éducatif et la baisse des denrées de base’. ‘Notre souci, c’est la nourriture’, rétorque un autre. A l’unité 21, un cordonnier qui a son étal à côté de la vendeuse de friandise finit une amulette. Pour lui, les soucis de la vie tiennent en quelques chiffres : ‘Avec dix enfants à nourrir, tu consommes au moins 2 sacs de riz par mois. Comment s’en sortir avec 25 000 francs le sac ?’. A cela, il ajoute ‘le loyer, l’électricité, l’éducation des enfants, entre autres. C’est notre survie qui nous inquiète. Donc, si Macky envisage de baisser les prix nous sommes partants. S’il ne respecte pas ses engagements, il sera envoyé hors du palais’.
Si ces Sénégalais comptent sur les promesses du candidat Macky Sall, il n’en demeure pas moins que les plus prudents attendent de voir pour y croire. Car, selon eux, une promesse demeure une promesse. C’est le cas d’un commerçant grossiste à l’unité 22 et d’un septuagénaire trouvé à l’unité 21 qui demeurent sceptiques en attendant d’y voir plus clair.

Awa THIAM

© Copyright Walfadjiri

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire